Pour ou contre l'euro ? | Diocèse de Troyes

Pour ou contre l'euro ?

L'INSEE et les consommateurs en désaccord : Selon l'INSEE, les prix ont augmenté en France entre 1,6 % et 2,1 % en moyenne par an depuis 1999 et en 5 ans de 10,1 %. Les Français n'en croient rien et estiment que les prix ont augmenté beaucoup plus, notamment du fait de l'euro. Les raisons d'un tel désaccord : La mesure de l'augmentation des prix : L'indice des prix à la consommation de l'INSEE prend en compte un large panier d'articles mais ne retient ni le coût du logement, ni les prélèvements obligatoires (charges sociales, impôts de l'Etat et impôts locaux) qui ont formidablement augmenté ces dernières années mais considère que l'amélioration qualitative des produits équivaut à une baisse de prix. En outre, l'INSEE retient une évolution moyenne des prix sans tenir compte, ni du poids relatif des achats suivant les catégories sociales, ni de l'évolution de leur revenu. Le point de vue des consommateurs : Contrairement à l'INSEE, les consommateurs raisonnent en terme de pouvoir d'achat, les deux approches n'étant en rien comparables. Les consommateurs prennent en compte : • en premier lieu, l'évolution de leur revenu qui tend souvent à stagner, voire à baisser, du fait de la politique salariale restrictive des entreprises et des administrations, et de la réduction du temps travaillé (35 heures - emplois à temps partiel ou à durée limitée et réduction des heures supplémentaires). • en deuxième lieu, la forte hausse, ces dernières années, des dépenses telles que le logement, les prélèvements obligatoires (plus de 10 points de PIB en 30 ans !), le coût de l'énergie et les dépenses nouvelles telles que la téléphonie mobile et l'internet qui ont explosé. Ils subissent en outre la segmentation des prix pratiquée par la grande distribution qui aboutit souvent, selon une étude de l'Association des familles rurales portant sur 34 produits de très grande consommation, à pénaliser les ménages les plus modestes qui s'astreignent à acheter le moins cher possible. L'augmentation des prix et l'Euro : Il est certain que le passage à l'euro en janvier 2002, brouillant les repères des consommateurs, a été l'occasion pour certains commerçants de procéder à des arrondis abusifs : tel produit ou telle prestation facturé 10 francs s'est souvent retrouvé à 2 euros, soit une augmentation de 31,2 % ! De tels arrondis touchant des produits fréquemment consommés, comme le «petit noir» au café, la baguette de pain, mais pesant relativement peu sur le budget des ménages, ont marqué les esprits. Par ailleurs des secteurs à l'abri de la concurrence internationale (la réparation automobile, la plomberie, les taxis etc...) ou protégés par un numerus clausus (pharmacies et offices ministériels par exemple), ont pu augmenter leur tarif. Dans le même temps, des produits provenant essentiellement de pays de la zone dollar ou assimilés (Asie notamment) ont baissé, ou faiblement augmenté, du fait du renchérissement de prés de 48% de l'euro par rapport au dollar depuis le 1er janvier 2002. Chacun peut acheter aujourd'hui un ordinateur, un appareil photo numérique, un téléphone portable, des articles textiles, des jouets à des prix incroyables. Rappelons-nous, à cet égard, qu'après le choc pétrolier de 1973, l'inflation en France est montée jusqu'à prés de 15 % ; la même évolution s'étant produite après le 2ème choc pétrolier de 1979/1980. Rien de semblable ne s'est produit ces deux dernières années en dépit d'une augmentation du prix du pétrole comparable à celle des chocs pétroliers de 1973 et de 1979/1980. Conclusion : Contrairement à une opinion largement répandue, l'euro a été globalement positif pour les Européens et pour les Français en particulier. Sans l'euro, nous aurions payé notre pétrole et autres matières premières beaucoup plus cher. Par ailleurs, le déficit répété de nos finances publiques nous aurait exposés à des dévaluations successives, comme nous en avons connues dans le passé, qui auraient conduit à une augmentation générale des prix et des taux d'intérêt, et peut-être à la tutelle de notre pays par le FMI. François Bonicel le 19 février 2007 Sources : - Le Monde des 30 décembre 2006 et 6 février 2007 - La Croix des 21 décembre 2006 et des 9, 12 et 15 janvier 2007 - Ouest France du 30 décembre 2006 - Réforme des 4-10 janvier 2007 - Les Echos des 22-23 décembre 2006 et 8 janvier 2007 - La Tribune des 2 et 15 janvier 2007.

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