CARÊME : 40 jours et des poussières | Diocèse de Troyes

CARÊME : 40 jours et des poussières

40 jours et des poussières Jusqu'à présent, je n'avais pas osé. Quand je déposais de la cendre sur le front des paroissiens, je reprenais les premiers mots de la prédication de Jésus : « convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle» . Je savais pertinemment que le rituel du mercredi des cendres m'autorisait à prendre d'autres mots, mais je n'osais pas. Ces mots-là m'intimidaient, me mettaient mal à l'aise : «tu es poussière et tu retourneras en poussière»(Genèse 3,19). Et puis je me suis converti un jour où j'ai reçu un beau faire-part de naissance. Sur la première page, on pouvait lire en lettres grises : «tu es poussière ». Mais quand on ouvrait la carte, on découvrait le visage d'un beau bébé et cette phrase tout en couleurs : «oui, tu es poussière d'étoiles !». Interloqué, j'ai voulu mener mon enquête dans la Bible et en voici le compte-rendu. J'ai d'abord constaté que le terme de poussière apparaissait d'abord quand Dieu crée l'homme : «le Seigneur Dieu façonna l'homme, poussière de la terre» (Genèse 2,7) . On devine un Dieu qui se penche, qui prend de la terre dans ses mains comme peut faire un potier, et qui modèle cette glaise, la fait monter, la sculpte amoureusement. Voici l'homme ! Le temps du Carême pourrait être ce temps où, enfin, nous nous remettons entre les mains de notre Créateur pour qu'il nous masse, nous façonne et nous crée. Les Japonais ont paraît-il l'habitude de se regarder le nombril pour se souvenir d'où ils viennent : loin de nous centrer sur nous-mêmes, notre ombilic nous renvoie en effet à notre naissance, à notre maman et donc à notre création. Puissions-nous dire avec Sainte Claire, tout au long de ces 40 jours : «je te remercie Seigneur de m'avoir créée». Mon enquête m'a ensuite amené à interroger Abraham qui a déclaré : «je ne suis que poussière et cendre» (Genèse 18, 27). Il commence ainsi sa longue négociation avec son Dieu pour que Sodome puisse être sauvée, si l'on y trouve dix justes. Le Carême, c'est cela : se souvenir que l'humain commence avec l'humus, et que l'humanité rime avec l'humilité. Un vieux moine aimait à distinguer deux périodes dans le Carême : «il y a le temps des résolutions, mais ce n'est pas encore le vrai Carême. Et puis vient le moment où l'on craque, on l'on se jette goulûment sur une tablette de chocolat, où l'on allume la télévision en cachette. Là commence le vrai Carême». Il y allait fort, mon vieux moine, mais il savait que tous ces efforts sont faits pour reconnaître notre faiblesse, notre finitude, pour crier : «Seigneur, sans toi, je ne peux rien». Après Abraham, voici Moïse : «depuis toujours, toi, tu es Dieu, tu fais retourner le mortel à la poussière et tu l'appelles : retournez, fils d'Adam» (Psaume 90,2... l'unique psaume attribué à Moïse). La poussière du corps qui 40 jours et des poussières pourrit sous la terre ou la cendre du corps incinéré, c'est un appel de Dieu, un appel à «revenir», le même verbe qui est si souvent traduit par «se convertir». Oui, Dieu nous appelle à revenir à lui, à retomber entre ses mains pour qu'il puisse à nouveau nous créer. Ecoutez plutôt la prophétie d'Isaïe : «tes morts revivront, leurs cadavres se relèveront ; réveillez-vous et criez de joie, hôtes de la poussière, car ta rosée est une rosée de lumière et la terre redonnera vie aux Ombres» (Isaïe 26,19). Le Vendredi Saint, Jésus s'écria : «mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?». Peut-être a-t-il aussi prononcé la suite de ce psaume 22, avec cette terrible accusation adressée à Dieu : «tu m'as réduit à la poussière de la mort». Au matin de Pâques, Jésus a continué à prier avec ce psaume, si nous en croyons la lettre aux Hébreux : «j'annoncerai ton Nom, Seigneur, à mes frères et au milieu de l'assemblée, je te chanterai». Sans doute a-t-il récité ce psaume jusqu'au bout : «ils t'adoreront, ceux qui descendent dans la poussière et mon âme vivra pour toi». Cette année, c'est décidé, je vais dépoussiérer mes habitudes et je dirai le soir du mercredi des cendres : «tu es poussière et tu retourneras en poussière». Père Laurent Thibord ---- CARÊME DANS NOTRE DIOCÈSE Samedi 4 mars 2006 Messe diocésaine d'entrée en Carême et appel décisif des catéchumènes Eglise Saint-Bruno à 17h30 ✘ Catéchuménat Dix sept catéchumènes se préparent au Baptême. Samedi 4 mars : célébration de l'appel décisif 3ème, 4ème, 5ème dimanche de Carême : célébration des scrutins à Notre-Dame en l'Isle, de 9h30 à 11h30 - samedi 11 mars : formation sur le premier scrutin : Evangile de la Samaritaine ; - samedi 18 mars : formation sur le deuxième scrutin : Evangile de l'aveugle-né ; - samedi 25 mars : formation sur le troisième scrutin : Evangile de Lazare. ✘ Pèlerins de l'Eau Vive Association en lien avec la Pastorale de la Santé du diocèse, nous nous efforçons de venir en aide, par la prière et le soutien fraternel aux malades de l'alcool et à leurs familles. Nous osons proposer à chacun de vivre un geste de solidarité avec les malades de l'alcool et leurs proches, un jeûne de tout alcool pendant le Carême 2006 avec les modalités propres à chacun : - soit un jeûne restreint si le travail le permet ; - soit un jeûne de 7 jours sur 7 pour ceux qui le peuvent ; Mgr Labille, évêque de Créteil, nous a fait partager son expérience lors du Carême 2005 : jeûner d'alcool et être sensibilisés à ce fléau, tous ensemble en Église... un vrai défi ! Alors, pourquoi pas nous, chrétiens du diocèse de Troyes pour le Carême 2006 ? «J'étais malade, et vous m'avez visité» nous dit Jésus (Matthieu, 25) ✔ Thérèse Blanchard 03 25 79 27 62. ---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l'Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l'Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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