SEMAINES SOCIALES DE FRANCE 25,26,27 NOVEMBRE 2005 | Diocèse de Troyes

SEMAINES SOCIALES DE FRANCE 25,26,27 NOVEMBRE 2005

Transmettre, partager des valeurs, susciter des libertés Transmettre, partager, susciter : 3 verbes explorés, triturés à l'extrême par d'éminents intervenants qui, dans leur grande diversité, ont fait surgir la lumineuse beauté de tout ce que ces mots révèlent. Le constat a été rude, sans concession, mais il a aussi débouché, non pas sur une espérance béate mais sur une espérance lucide qui a invité chaque «semainier» à repartir avec un capital de confiance en son pouvoir d'être passeur de sens et son désir d'être pourvoyeur de valeurs. La France «pays autiste» ? dans son introduction, Michel Camdessus a constaté, avec joie, que le nombre de participants (environ 4 000 !) à cette session, espace ouvert de parole et d'imagination, indiquait que beaucoup ne s'y résignaient pas. Robert Rochefort a mis en avant un trop-plein de transmission et non un vide, qu'il qualifie de crise (plutôt que panne ou échec) qui génère une grande déception. Un retour nostalgique vers le passé n'est pourtant pas possible : ça ne marche pas ! Pour lui, transmettre, c'est perpétuer la vie et c'est bien le goût de vivre qui semble le plus fondamental aujourd'hui (être une personne épanouie, heureuse, responsable). Cela passe d'abord par du relationnel, ce n'est plus une démarche collective mais du sur-mesure. Il voit deux signes d'espérance : la transmission des valeurs est plus importante que celle des savoirs et la transmission a besoin de temps (en opposition à l'instantanéité), il n'y a pas de rentabilité forcément rapide, la germination est lente, les adultes retrouvent ce qui a germé dans leur enfance. C'est aussi travailler la question de l'exemplarité qui est essentielle pour crédibiliser le message. Maurice Bellet a, lui aussi, insisté sur ce qui prime à ses yeux : la vie «l'homme est un être de faim, qui a faim de parole qui fait vivre». Le besoin primordial de l'homme c'est l' amour et il se transmet dans une relation : «transmettre ce que je suis, porteur de ce qui est plus grand que moi». Cela rime avec tradition et ouvre à l'avenir. Avec une infinie douceur qui m'a touchée, Christoph Théobald nous a conviés à découvrir la connivence entre l'Évangile et notre existence : «Bonne Nouvelle de bonté radicale qui révèle un esprit de gratuité et l'aveu confiant que personne ne peut rien à la place de l'autre, c'est le respect du mystère de chacun. L'Évangile n'entre jamais par effraction chez nous mais avec tendresse, il faut pour cela réactiver la proximité». L'Europe n'était pas absente des Semaines Sociales. Jean Boissonnat a souligné son hétérogénéité qui invite les peuples à se connaître davantage pour construire un futur qui ne soit pas la simple reprise de ce que nous avons fait hier. Un journaliste allemand a partagé avec nous son espérance en l'Église pour qu'elle redevienne une force spirituelle et inspiratrice dans la Société allemande. L'élection de Benoît XVI et les JMJ à Cologne ont donné du souffle et du courage à bien des Catholiques. En Slovaquie, les années sombres du communisme n'ont pas déraciné la foi : un seul séminaire est resté ouvert, preuve lumineuse de fidélité à l'Évangile. Les deux représentants du monde politique ont pris acte que «Liberté, Egalité, Fraternité» sont des valeurs revendiquées par les jeunes générations, mais ont-elles le sentiment qu'elles leur sont destinées ? Les élus, qui incarnent la démocratie ont bien un devoir d'exemplarité et une exigence de vérité face aux citoyens. Les «paroles vides de sens et d'engagement» sont rejetées ; elles entament la confiance. Jean-Claude Guillebaud, quant à lui, a situé notre époque dans un changement d'ère : «ce n'est pas un désastre mais une mutation. Face à cela, en relativisant l'effroi qui nous habite, il est urgent de transmettre un vouloir vivre ensemble. Vouloir vivre, non comme un homme auto-construit (plus besoin de l'héritage du passé) qui est dans l'immédiateté mais, au contraire, retrouve le goût de la conviction, capable de regarder le passé avec recul et qui habite ses paroles». Ces trois journées intenses ont trouvé, en moi, un écho dans la lettre diocésaine que nous a adressée le Père-Evêque : transmettre, partager, susciter, sont aussi pour nous, des verbes qui renferment leur lot d'inquiétude et d'espérance. Trouver la bonne distance est un art empreint de sagesse et de discernement. Pour conclure, j'ai vu comme un clin d'oeil de Dieu que cette rencontre qui a vraiment placé l'être humain au coeur de sa réflexion se déroule à la Défense, lieu un peu futuriste si bien urbanisé mais si peu humanisé.... ! Christiane Rigaux Pour le groupe des 18 « semainiers » aubois ---- Semaines Sociales de l'Aube Contact : François Bonicel - 03 25 46 44 09 ou 03 25 75 82 63 francois-bonicel@wanadoo.fr ---- Ce dossier est extrait de la revue "Eglise dans l'Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l'Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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