Méditation sur Pâques | Diocèse de Troyes

Méditation sur Pâques



Méditation sur Pâques



Aux alentours de 1700 avant notre ère. En Cisjordanie. Jacob est fatigué de sa longue marche et il s’arrête au bord d’un puits. Un des ces puits creusés à même la terre et recouverts d’une lourde pierre. Il faudrait au moins quatre hommes pour rouler une pierre pareille. Mais voici qu’arrive Rachel. Elle est de la même tribu que Jacob, elle est bergère et elle est très belle. Elle doit se demander qui pourra lui rouler la pierre pour que ses bêtes puissent boire. Mais elle n’a pas le temps de s’inquiéter que Jacob s’avance et enlève la pierre de dessus l’orifice du puits. C’est la première déclaration d’amour de toute l’histoire de l’humanité.

Nous voilà maintenant à Jérusalem. Tibère est empereur depuis une quinzaine d’années et Ponce Pilate est procurateur de la Judée. Quelques femmes en noir se dirigent vers un petit cimetière. Elles viennent rendre hommage au seul homme qui avait su les rendre libres : il les avait aimées non pas pour lui mais pour elles. Quand il était mort, leur espérance avait péri avec lui. Une pierre énorme interdit désormais l’accès à son tombeau. Sur la route, elles s’interrogent : «qui nous roulera la pierre ?». Mais quand elles arrivent : stupéfaction ! La pierre est roulée et le tombeau est vide. C’est le matin de Pâques et c’est la plus belle déclaration d’amour de Dieu à l’humanité.

16 Avril 2006. J’ai du mal à me lever, comme si mon corps était bloqué, comme si mon coeur était trop lourd. J’en ai enfermé des choses dans ce coeur ! Il y a toutes ces paroles d’amour que je ne veux pas prononcer parce que j’ai peur de ne pas être compris. Et puis toutes ces humiliations passées que j’ai préféré enfouir. Il y a aussi cette vérité sur moi-même que je n’ai jamais osé avouer à voix haute pour ne pas être jugé. Je me sens aussi rongé par cette amertume, ce pardon que je ne veux pas donner. Je crois même que j’ai enterré au tréfonds de moi-même ce désir qui me fait vivre mais qui risque de m’emmener beaucoup trop loin. Oui, une pierre énorme bloque l’accès à mon coeur et je me demande bien qui pourra m’enlever cette pierre. Et voilà que Jésus approche. Une fois encore, il me déclare son amour.






La pierre s’envole aussitôt : les paroles d’amour peuvent enfin jaillir, le désir peut commencer à prendre corps, la vérité voit le jour. Quant aux humiliations, aux amertumes, Jésus les a emportées avec lui. Je peux me lever. C’est Pâques !


Père Laurent Thibord


---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l'Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l'Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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